GAME’HER : exposition et événements

Si Moulinex a libéré la femme des années 1950, le jeu vidéo et les arts numériques n’ont fait que proposer des machines pour alimenter sa créativité.

En mai 2018, l’association PIX3L et leurs associations partenaires Ethlan et le Collectif des Salopettes ont constaté le besoin de mettre en lumière les différences genrées et la sous-représentation de la gente féminine (en nombre et dans les esprits, dans les personnages et le monde de la création) au sein du jeu vidéo, et plus globalement de la sphère geek. Présentée une première fois à l’École d’Art et de Design de Rouen, l’exposition GAME’HER, présentant à la fois des jeux vidéo (jouables sur place), et des oeuvres d’artistes issus de l’art contemporain ou de la pop culture (YATUU, Ba, Pixel Asylum, Jason Ratliff, Holepsi et Sylvain Sarrailh), s’est illustrée de nouveau par quelques échantillons au Centre Dramatique National de Rouen Normandie ou à la Maison Jacques Prévert de Dieppe afin de valoriser spectacles ou événements militants.

Loin de demoiselles en détresse des premiers temps, les avatars féminins du jeu vidéo, encore sous-représentés (au même titre que les autres minorités sociétales), s’emparent progressivement du paysage vidéoludique. Et même au delà du monde virtuel, les métiers du jeu vidéo ouvrent leurs portes à des femmes, du scénario au code. Et contrairement à ce qu’on essaie de nous faire croire, on trouverait ainsi des individus féminins bien identifiés derrière mais aussi devant l’écran. Les filles pourraient-elles alors s’intéresser à des univers aux couleurs variées plutôt qu’à des mondes uniformes teintés de rose bonbon?
Gameuses et développeuses s’accorderaient donc aujourd’hui à revendiquer que « jouer comme une fille » n’est pas une insulte !

Sensibilisation et Éducation aux gender studies

Loisir n°1 depuis quelques années, le jeu vidéo (au même titre que le cinéma ou la littérature) véhicule des valeurs qui sont assimilées et partagées par tous et toutes. Prendre l’angle de la pop culture pour cette exposition est alors une invitation à déconstruire ensemble des notions induites dans nos mondes imaginaires depuis notre plus jeune âge et qui se répercutent dans notre façon de penser la société. Le sexisme et les inégalités ne nait pas entièrement Cela pose la question du regard : de quel point de vue je me place pour raconter cette histoire ? À qui je m’adresse et sur quel ton ? Quelle influence mon discours aura sur mon interlocuteur ?

Atelier « Game Boy and Girl » à la Bibliothèque Simone de Beauvoir de Rouen
autour du jeu vidéo et du marketing genré (proposé en février 2018)

Encourager la diversité dans les représentations et senbiliser aux discriminations (notamment genrées et sexuées) fait partie de cette démarche. C’est pourquoi l’exposition s’est accompagnée de démarches éducatives notamment avec un atelier accueilli par le Réseau des Bibliothèques de Rouen, une rencontre avec La Développeuse du Dimanche, mais aussi une journée au Musée National de l’Éducation composée d’un atelier Queer Games avec l’association Le Reset, et une table ronde sur la notion de genre à l’école, dans la société et dans les fictions.

Ressources

Série documentaire en 6 épisodes, réalisée par Géraldine Lemieux
Montage : Géraldine Lemieux / Maxime Devaux
Table ronde « La notion de genre à l’école, dans la société et dans les fictions »
co-organisée le samedi 16 juin 2018 par le Musée National de l’Éducation à Rouen et l’association PIX3L.


Intervenant.e.s :
– Sophie Devineau, professeure à l’Université de Rouen Normandie (DySoLab)
– Marion Coville, chercheuse et présidente de l’ Observatoire des Mondes Numériques en Sciences Humaines et membre active de l’association Le RESET
– Laurent Trémel, chargé de mission scientifique et partenariats universitaires au Musée national de l’Éducation et membre associé du Cirnef
– Paul Canchon, médiateur numérique, président de l’association Back to the Game et membre fondateur de l’association PIX3L
Émission de radio produite par PIX3L
PIX31 – saison 1 épisode 10 : Figures féminines, body positive et dystopies